Le 16 octobre cumule deux rendez-vous qui parlent directement à la cuisine du quotidien : la Journée mondiale de l’alimentation de la FAO et la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire — l’occasion idéale de remettre les restes, les fanes et le pain rassis au centre de la table.
- La Journée mondiale de l’alimentation, portée par la FAO, se tient chaque 16 octobre ; le thème de cette année est « Innover aujourd’hui pour nourrir demain ».
- La France a fixé à la même date sa journée nationale contre le gaspillage alimentaire, créée par le pacte national de 2013.
- Selon l’étude de référence de l’ADEME, le gaspillage représente environ 10 millions de tonnes par an en France.
- La cuisine des restes et le circuit court restent les deux leviers les plus simples à la maison.
Plan de l'article
Deux journées, une même assiette #
Depuis 1945, la FAO consacre le 16 octobre à l’alimentation mondiale. L’édition de cette année, dont la cérémonie se tient à Rome, met l’innovation au cœur du sujet avec le thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », détaillé sur le site de la FAO.
La France a choisi la même date pour sa journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, instaurée par le pacte national antigaspillage de 2013. Ce n’est pas un hasard de calendrier : on ne peut pas parler de nourrir le monde en jetant une partie de ce qu’on produit.
Ce que la France jette vraiment #
L’étude de référence de l’ADEME, publiée en 2016, chiffrait les pertes et gaspillages à environ 10 millions de tonnes par an en France, soit de l’ordre de 16 milliards d’euros, toutes étapes confondues — du champ à l’assiette. Les ménages en portent une part significative, avec environ 29 kg de nourriture jetés par personne et par an à la maison.
L’Institut national de la consommation rappelle le cadre de cette politique publique, du pacte de 2013 aux lois antigaspillage, sur inc-conso.fr. L’objectif affiché dès l’origine : diviser le gaspillage par deux.
La cuisine du terroir a toujours su faire #
Avant d’être un mot d’ordre, l’antigaspi était une évidence paysanne. La soupe au pain dur, le pot-au-feu dont le bouillon ressert trois fois, les confitures de fruits abîmés, le clafoutis qui absorbe les fruits trop mûrs : la cuisine de terroir est née de l’économie domestique, pas de l’abondance.
Reprendre ces gestes, c’est faire de l’antigaspillage sans application ni étiquette. Un reste de volaille devient un parmentier, des carottes fatiguées une soupe veloutée, un fond de fromage une tourte. La règle d’or de nos grands-mères tient en une phrase : rien ne se jette tant que ça se cuisine.
Fanes, épluchures, pain rassis : le trio à réhabiliter #
Trois gisements dorment dans nos cuisines. Les fanes d’abord : celles des carottes, radis et betteraves font d’excellents pestos, veloutés et tartes salées. Les épluchures ensuite, à condition de partir de légumes bio ou bien lavés : des chips de peaux de pommes de terre au bouillon de parures de légumes, tout se valorise.
Le pain rassis, enfin, est sans doute le plus noble des restes : pain perdu, chapelure maison, croûtons à l’ail, pudding. Acheter un vrai pain au levain chez son boulanger et l’utiliser jusqu’à la dernière tranche vaut mieux que deux baguettes industrielles dont la moitié finit à la poubelle.
Le circuit court, allié naturel de l’antigaspi #
Acheter au producteur, au marché ou en AMAP change aussi la donne en amont. Les circuits courts écoulent les calibres hors normes que la grande distribution refuse, limitent les pertes liées au transport et remettent la saisonnalité au centre : un légume de saison acheté mûr se garde mieux et se jette moins.
C’est tout l’esprit du thème choisi par la FAO cette année : l’innovation n’est pas que technologique. Un panier paysan bien pensé, un menu de la semaine bâti sur ce qui doit être mangé en premier, un congélateur utilisé intelligemment sont des innovations domestiques à part entière.
Questions fréquentes #
Pourquoi le 16 octobre ?
C’est la date de la Journée mondiale de l’alimentation de la FAO. La France y a adossé sa journée nationale contre le gaspillage alimentaire, créée par le pacte national de 2013, pour lier les deux combats.
Combien gaspille-t-on en France ?
L’étude de référence de l’ADEME (2016) évalue les pertes et gaspillages à environ 10 millions de tonnes par an sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, dont environ 29 kg par personne et par an jetés au sein des foyers.
Par quoi commencer à la maison ?
Par un inventaire avant les courses, la cuisine des restes une fois par semaine et la valorisation systématique du pain rassis et des fanes. Ce sont les gestes au meilleur rapport effort-résultat.


