La châtaigne sera plus rare et plus petite cet automne. Après un été de canicule et de sécheresse, l’Ardèche ne devrait pas dépasser 2 000 tonnes, contre environ 5 000 en année normale, et les producteurs de Dordogne et du Morvan font le même constat : peu de fruits, et des calibres en baisse.
- En Ardèche, le Syndicat national des producteurs de châtaignes prévoit une récolte divisée par plus de deux.
- En Dordogne, un producteur de Champcevinel attend environ 25 % de moins que l’an dernier, avec beaucoup de petits fruits.
- Dans le Morvan, les bogues sont nombreuses mais les fruits restent petits, faute d’eau.
Plan de l'article
Pourquoi la récolte est-elle si faible en Ardèche ? #
Le chiffre est tombé fin septembre. Selon franceinfo, qui reprend les données du Syndicat national des producteurs de châtaignes relayées par ICI Drôme Ardèche, la production ardéchoise ne devrait pas dépasser 2 000 tonnes cette année.
En cause, une très faible pluviométrie depuis mai et des températures qui ont dépassé 40 °C en plein soleil, au point d’abîmer le feuillage. Les châtaigniers ne sont pas habitués à une sécheresse aussi longue.
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La situation est aggravée par la maladie de l’encre, qui affaiblit les racines de certains arbres. Seul, le châtaignier la supporte ; combinée à la chaleur et au manque d’eau, elle l’empêche de garder ses fruits. « Les arbres sont en train de dépérir complètement », alerte Daniel Vernol, castanéiculteur en Sud-Ardèche et vice-président du syndicat.
Que se passe-t-il en Dordogne ? #
En Périgord, la récolte touche à sa fin et le bilan est mitigé. À Champcevinel, Grégory Gady cultive deux hectares de châtaigneraie. Il attend environ 1,5 tonne cette année : « On va perdre à peu près 25 % par rapport à l’année dernière », explique-t-il à France 3 Nouvelle-Aquitaine. Ses vergers ne sont pas irrigués : « Il aurait dû pleuvoir au mois de juin-juillet. »
Le problème tient aussi à la taille. À la coopérative La Socave, Sylvain Dureux, responsable technique, rappelle que les gros calibres représentent d’ordinaire jusqu’à 70 % de la récolte. Cette année, la tendance s’est inversée.
Au tri, certaines châtaignes desséchées sur l’arbre flottent et sont écartées, parfois jusqu’à la moitié d’un lot. À l’échelle de la filière, les volumes seraient réduits de moitié, selon le même reportage.
Et dans le Morvan ? #
À La Comelle, en Saône-et-Loire, Jean-Claude Dubois a vu ses arbres fleurir abondamment au printemps. Mais la sève n’a pas suffi à nourrir toutes les bogues. « Il y a beaucoup de petites boules. Qui dit cela dit pas grosse récolte », résume-t-il à France 3 Bourgogne-Franche-Comté.
Bernard Patissier, de l’association La Châtaigne du Morvan, note que les arbres plantés côté ombragé donnent des bogues un peu plus grosses, mais toujours plus petites que les années précédentes. Or les acheteurs préfèrent les gros fruits, plus rapides à éplucher, et les petits se vendent moins bien.
Comment cuisiner les petites châtaignes ? #
Un petit calibre n’est pas un fruit de moins bonne qualité. Il demande seulement plus de patience à l’épluchage. C’est l’occasion de leur réserver les préparations où la forme compte peu : velouté, purée, farce de volaille ou crème de marrons maison.
Pour les éplucher plus facilement, on les incise sur le côté bombé, puis on les plonge quelques minutes dans l’eau bouillante. Pelées encore chaudes, elles perdent plus volontiers leur seconde peau, la plus tenace. Les grillées au feu ou à la poêle trouée restent, elles, l’affaire des plus gros fruits.
Au marché, mieux vaut choisir des châtaignes brillantes, lourdes en main et sans trou. Une châtaigne qui flotte dans l’eau froide est souvent sèche ou véreuse : c’est exactement le tri que pratiquent les coopératives.
Acheter local cette année, un vrai geste #
Pour les castanéiculteurs, une année comme celle-ci pèse lourd sur le chiffre d’affaires. Acheter directement à la ferme, sur les marchés ou lors des fêtes de la châtaigne de l’automne, c’est accepter des fruits plus petits et soutenir une filière qui affronte à la fois la sécheresse et le dépérissement de ses arbres.
Selon France 3, seul un Français sur quatre dit consommer ce fruit d’automne. Il y a donc de la marge pour lui faire une place plus large dans nos cuisines de saison.
Questions fréquentes #
Pourquoi les châtaignes sont-elles petites en 2026 ?
La canicule et le manque de pluie, surtout en juin-juillet et en septembre, ont limité le grossissement des fruits.
Quelle récolte attend l’Ardèche ?
Pas plus de 2 000 tonnes, contre environ 5 000 en année normale, selon le Syndicat national des producteurs de châtaignes.
Que faire avec de petites châtaignes ?
Les réserver aux veloutés, purées, farces et crèmes, où leur taille ne compte pas.



